Les immigrants qui renouvellent leur prêt hypothécaire consacrent une part nettement plus importante de leurs revenus au logement que les personnes nées au Canada.

Selon une analyse publiée le 20 août à partir de données de la Banque du Canada, 56 % des propriétaires immigrants qui renouvellent leur hypothèque cette année consacrent entre 50 % et 70 % de leur revenu au logement, comparativement à seulement 35 % des propriétaires nés au Canada. Cet écart n’est pas nouveau, mais il est plus marqué cette année en raison de l’échéance d’un grand nombre d’hypothèques contractées pendant la pandémie.
Pourquoi les nouveaux arrivants ont-ils plus de difficultés dès le départ ?
Une étude de Statistique Canada, publiée en juin, comparait les primo-accédants immigrants récents aux primo-accédants nés au Canada. Elle révélait qu’en Colombie-Britannique, les immigrants récents payaient leur maison plus cher par rapport à leur revenu : un ratio prix-revenu de 4,93, comparativement à 4,35 pour les acheteurs nés au Canada. De plus, l’année de l’achat, les immigrants récents ont cotisé beaucoup moins à leur REER (régime enregistré d’épargne-retraite) que leurs homologues nés au Canada – seulement 16,8 % comparativement à 36,1 % en Colombie-Britannique – ce qui les laisse avec moins d’économies pour absorber un choc comme celui que nous traversons actuellement. En 2023, les propriétaires immigrants de moins de 35 ans avaient déjà une dette hypothécaire moyenne de 450 000 $, comparativement à 265 000 $ pour leurs pairs nés au Canada.
Que se passe-t-il cette année en matière de rénovations en général ?
À l’échelle nationale, environ 12 % des prêts hypothécaires en cours au Canada arrivent à échéance d’ici la fin de l’année prochaine, et 82 % des emprunteurs ayant déjà renouvelé leur prêt ont subi une hausse de leur taux d’intérêt, la plupart des augmentations se situant entre 2 % et 5 %. Selon la même analyse, le versement hypothécaire moyen augmente de 15 % après un renouvellement, alors même que les prix des maisons ont chuté de près de 20 % depuis leur sommet de 2022, réduisant ainsi la capacité des propriétaires à obtenir un financement par la valeur nette de leur maison en cas de besoin. Un autre sondage, publié en juin, a révélé que 67 % des nouveaux propriétaires canadiens éprouvent ou éprouveraient des difficultés à effectuer leurs paiements si leur versement mensuel augmentait de 15 %, et que 53 % d’entre eux dépendent des revenus locatifs pour subvenir aux besoins de leur logement – soit près du double des 29 % observés chez l’ensemble des nouveaux acheteurs d’une première maison.
Que peut faire une famille latino-américaine qui s’apprête à rénover ?
Les conseillers hypothécaires recommandent de commencer à comparer les taux quatre à six mois avant l’échéance de votre hypothèque actuelle, plutôt que d’attendre la lettre de la banque, car cela vous laisse le temps de négocier avec d’autres institutions. Comme le résume le secteur hypothécaire lui-même : « La pression pour renouveler son hypothèque ne se limite pas au taux d’intérêt. Elle concerne aussi la capacité de chaque ménage à absorber des mensualités plus élevées. » Pour les nouveaux arrivants au Canada qui sont encore en train de se constituer cette capacité (épargne, historique de crédit, revenus stables), il est judicieux de consulter un conseiller hypothécaire ou un service de consultation financière communautaire avant de signer un renouvellement sans avoir consulté qui que ce soit.
Les mensualités hypothécaires augmentent à nouveau cette année pour la quasi-totalité des ménages. La différence, d’après ces données, réside dans le fait que certains emprunteurs font face à cette hausse avec des économies plus importantes que d’autres.
Rédaction Mauricio Navas Talero Journaliste LJI

