Les cinq chefs de gouvernement du Québec prendront la parole ce soir, l’immigration étant le thème central.

Ce mercredi 9 septembre, de 20 h à 22 h, Radio-Canada diffusera en direct de Québec une rencontre avec les cinq chefs des partis en lice pour les élections du 5 octobre. Il ne s’agit pas du débat interpartis – qui aura lieu le 23 à Montréal – mais plutôt d’une série d’entrevues où chaque candidat devra préciser son programme s’il est élu. Et dans cette campagne, préciser signifie discuter du nombre d’immigrants que le Québec souhaite accueillir.

Qui participe et sous quel format ?

Assis sont Christine Fréchette, de la Coalition Avenir Québec (CAQ); Charles Milliard, du Parti libéral du Québec (PLQ); Ruba Ghazal, de Québec Solidaire (QS); Paul St-Pierre Plamondon, du Parti québécois (PQ); et Éric Duhaime, du Parti conservateur du Québec (PCQ). Les animateurs Sébastien Bovet, Anne-Marie Dussault et Alec Castonguay les interviewent tour à tour.

Le format est important. Sans la possibilité de se retrancher derrière une discussion à cinq, chaque dirigeant est contraint d’expliquer ses propres chiffres.

Quel est l’écart entre eux en matière d’immigration ?

Loin de là, et c’est là toute la nouveauté de cette campagne. Le plan officiel actuel du gouvernement du Québec prévoit l’admission de 43 000 à 47 000 résidents permanents en 2026, avec un objectif d’environ 45 000 par année, et fixe d’ici 2029 des limites à 65 000 travailleurs étrangers temporaires et à 110 000 étudiants internationaux.

Partant de ce constat, la CAQ propose de maintenir le cap actuel. Le PQ de Saint-Pierre-Plamondon souhaite abaisser le nombre de résidents permanents à 35 000 et réduire de moitié l’immigration temporaire. Québec solidaire a pris une direction opposée : le 1er septembre, il a proposé de relever le seuil à 70 000 résidents permanents par année, soit le double du montant proposé par le PQ.

Entre ces deux chiffres, 35 000 et 70 000, se situe une bonne partie de l’avenir des familles qui attendent aujourd’hui une sélection provinciale pour rester.

Comment accèdent-ils au microphone ?

Dans une campagne électorale au point mort, le sondage Pallas Data, réalisé du 5 au 7 septembre auprès de 1 100 adultes, place le PQ en tête avec 29 %, suivi du CAQ (24 %), du PLQ (20 %), du PCQ (15 %) et du QS (11 %). Aucun parti n’a enregistré de progression significative cette semaine-là.

Le PQ arrive également dans un contexte de controverse liée à ses propos sur la surpopulation scolaire, que ses adversaires ont critiqués pour avoir ciblé les élèves issus de l’immigration. De plus, le PLQ proteste contre le fait qu’Élections Québec envoie les documents électoraux uniquement en français, un problème qui touche directement ceux qui ne maîtrisent pas encore la langue.

Pourquoi ça vaut le coup d’être regardé même si vous ne votez pas

De nombreux Hispaniques vivant à Montréal, Laval ou Québec n’ont pas encore la citoyenneté et ne pourront donc pas voter le 5 octobre. Qu’importe : le vainqueur déterminera le nombre d’élections provinciales qui auront lieu, le sort des permis de travail temporaires et la façon dont les familles immigrantes seront abordées publiquement au cours des quatre prochaines années. Ce soir, chaque chef annoncera ses résultats. C’est le moyen le plus économique de connaître les prochaines décisions.

Rédaction Mauricio Navas Talero Journaliste LJI

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